Un impact climat de 1 000 milliard de dollars

Le 18/09/2019 dans "Société"
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C’est un chiffre qui a fait beaucoup de bruit. D’après le récent rapport de l’organisation CDP (Carbon Disclosure Project), les 200 plus grandes entreprises cotées à l’international prévoient que le changement climatique pourrait leur coûter près de 1 000 milliards de dollars dans les prochaines années. Un constat alarmant, à l’heure où le sujet de la transition écologique est plus que jamais d’actualité.

Lors des récentes élections européennes, la liste Europe Ecologie-Les Verts et son numéro 1 Yannick Jadot ont été synonymes de surprise pour un grand nombre d’électeurs, en totalisant 12,7 % des suffrages

En terme de votes, le parti s’est positionné juste derrière le Rassemblement national et la République en marche, mais devançant largement Les Insoumis et le Parti Socialiste (6,2 %, pour les deux partis) et Les Républicains (8,5%). 

En 2019, tous écolos ? Force est de constater, en tout cas, qu’il semble bel et bien y avoir une prise de conscience collective. Les risques climatiques sont inévitables si les choses ne changent pas. Et qui dit conséquences d’un point de vue environnemental, dit également conséquences sur le plan financier.

Il suffit pour s’en rendre compte de jeter un œil au récent rapport de l’ONG, CDP (Carbon Disclosure Project), publié mardi 4 juin 2019. 

On y apprend que le changement climatique pourrait faire perdre 1 000 milliards de dollars (soit 888 milliards d’euros) aux 200 plus grandes entreprises mondiales, d’ici 5 ans. Une somme stratosphérique, mais dont les causes sont facilement identifiables. 

En effet, d’après le Système mondial de divulgation d’informations environnementales, les conditions climatiques extrêmes associées à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre représentent 80 % des pertes économiques potentielles.

Le risque d’un moment Minsky

Pour étayer son étude, le CDP a analysé les données d’entreprises incontournables telles que Microsoft, Sony, Apple, Nestlé ou encore Ubisoft

Dans ce contexte de crise aussi bien environnementale qu’économique, les sociétés se sont paradoxalement rendues compte des opportunités potentielles qu’elles pouvaient en tirer. Ces opportunités pouvaient atteindre, d’après les entreprises sondées, une valeur de 2100 milliards de dollars

En cause, la demande plus rapide que prévue en véhicules électriques mais aussi les modifications des habitudes de consommation favorisées par les institutions financières.

Ce vent d’espoir ne doit pas pour autant faire oublier d’autres menaces. Parmi celles à prendre en compte, il y a le risque d’un « moment Minsky ». Derrière cette formule énigmatique inventée par l’économiste américain Herman Minsky (1919-1996), se cache l’idée que le monde financier peut basculer de l’optimisme au pessimisme. 

Autrement dit, lorsque l’on utilise cette expression, on renvoie à un effondrement précipité des actifs. 

En avril dernier, le gouverneur de la Banque d’Angleterre Mark Carney et son homologue Francis Villeroy de Galhau de la Banque de France se sont accordés pour faire une mise en garde contre la menace d’un « moment Minsky » lié au climat, à moins que les entreprises ne prennent le problème à bras le corps et s’engagent sur le long terme. 

Pour la planète et afin de ne pas perdre (trop) d’argent, les grands groupes industriels savent donc ce qu’il leur reste à faire.

Antoine Le Fur

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