Les entreprises et le casse-tête de l’embauche

Le 04/09/2019 dans "Société"
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C’est l’histoire d’un paradoxe. La France n’a presque jamais compté aussi peu de chômeurs. Et pourtant, les entreprises disent avoir du mal à embaucher. Plusieurs critères rentrent en ligne de compte pour expliquer cette situation. Mais qu’en est-il réellement ? Explications en plusieurs points d’un drôle d’imbroglio, aussi bien pour les employeurs que les demandeurs d’emplois.

C’est un chiffre des plus encourageants. D’après l’INSEE, au premier trimestre 2019, la France ne comptait « que » 8,7% de chômeurs. Un score assez bas, venant montrer que le nombre de demandeurs d’emplois tend à la baisse. 

Et cela n’est pas prêt de s’arrêter puisqu’il est estimé que ce chiffre devrait encore baisser, pour aboutir à 8,3 % d’ici la fin de l’année. 

Mais il y a un problème. Avec les créations d’emplois qui s’accélèrent, il faut trouver de nouveaux profils. 

Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder le service des statistiques du ministère du travail (Dares), qui a publié, jeudi 4 juillet, un texte soulignant le casse-tête auquel ont été soumis certains patrons. En 2015, ces derniers ont ainsi signalé que 17% de leurs embauches avaient été difficiles.


Plusieurs facteurs peuvent rentrer en ligne de compte afin d’expliquer cette situation. 

- Bien évidemment, il peut y avoir la question du manque de candidatures. D’après l’étude de la Dares, cela intervient notamment dans 60% des recrutements jugés difficiles. 

- Par ailleurs, on peut également invoquer le déficit de profils adéquats pour les postes proposés, ainsi que les différentes composantes du travail en question (rémunération, horaires etc…). 

- Surtout, l’étude de la Dares permet d’établir un fait. Lorsqu’une embauche se révèle compliquée, l’employeur est naturellement plus insatisfait du recrutement.


L’ingénierie a toujours le vent en poupe

S’il y a un secteur d’activité qui ne connaît pas la crise, c’est bien celui de l’ingénierie

En juin 2018, l’enquête annuelle de l’IESF (Association des ingénieurs et scientifiques de France) soulignait que deux tiers des jeunes ingénieurs sont embauchés en CDI, à la suite de leurs études. 

Un chiffre très encourageant, venant montrer que la grande majorité des jeunes ingénieurs ne connaissent pas le casse-tête de l’embauche. 

Et cela ne va quand s’améliorant. En 2017, toujours d’après l’IESF, le taux de chômage des jeunes ingénieurs était évalué à 3,4%, ce qui signifie une baisse par rapport à 2016, où le chiffre était de 3,9%.

Etre ingénieur en France est donc plutôt intéressant à certains égards. Le taux de chômage est bas, les recherches d’emplois sont rares… Et le salaire est attractif. L’IESF a ainsi fait savoir que les jeunes ingénieurs percevaient une rémunération brute moyenne de 57 000 euros par an

Ce qui est tout de même supérieur de 17% par rapport à la rémunération des autres cadres. 

L’ingénierie ? Un secteur qui a décidément toujours de l’avenir !

Antoine Le Fur

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