La fabrique des chefs d’entreprises

Le 16/04/2019 dans "Société"
Image
C’est un chiffre qui donne le tournis. En 2018, d’après l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), il y a eu 691 000 créations de sociétés en France. Parmi ces nouvelles structures, on retrouve notamment les désormais fameuses micro-entreprises. À l’heure où ce type d’entreprenariat tend à se démocratiser, zoom sur ces chefs d’entreprises 2.0. Car s’il est facile de monter sa boîte, force est de constater que cela peut également avoir son revers de la médaille. Alors être auto-entrepreneur, est-ce un rêve ou une désillusion ? Explication en plusieurs points.

Mardi 30 janvier 2019, l’INSEE a publié un rapport expliquant qu’il y avait eu 691 000 créations d’entreprises en France en 2018. Soit une hausse de 17% par rapport à 2017, s’expliquant notamment grâce à la hausse des micro-entreprises et donc, du statut d’auto-entrepreneur.

Cette forme d’entreprenariat occupe 45% du total des entreprises créées. C’est un fait, ces petites structures sont en plein boom. Par rapport à l’année précédente, on note une évolution de 28%.

Dix ans après la création du statut d’auto-entrepreneur (devenu entre temps micro-entrepreneur) par l’homme politique Hervé Novelli, on remarque que l’action de monter sa propre entreprise est presque devenu un jeu d’enfant. Sans compter les avantages que cela peut procurer. Parmi les principales à retenir, citons surtout la simplicité des démarches administratives, la légèreté de la fiscalité ainsi que le doublement des plafonds de chiffres d’affaires, depuis le 1er janvier 2018.

 

En moyenne, c’est à 36 ans que les Français créent leur propre société. 4 sur 10 sont des femmes. Les moins de 30 ans sont en légère progression par rapport à l’année précédente, avec une hausse de 38% contre 37% en 2017. Parmi les secteurs particulièrement féconds en nouvelles entreprises, on trouve en première position, le domaine des activités de transport et d’entreposage, avec une hausse de 68% de créations de sociétés en un an, en grosse partie grâce aux micro-entreprises, qui ont fait un bond de 80,5% dans ce secteur. À la deuxième place, il y a le domaine des activités spécialisées scientifiques et techniques, avec 18 700 créations d’entreprises, soit une hausse de 18% par rapport à 2017. Là encore, les micro-entreprises affichent une excellente santé, avec une évolution de 26,8% en comparaison de l’année précédente.

Ces nouvelles structures se multiplient et la tendance ne semble pas prête de s’arrêter. Malgré les quelques inconvénients que peut procurer le statut de micro-entrepreneur.

 

Une certaine forme de précarité

 

Car le fait d’être auto-entrepreneur peut entraîner quelques déconvenues. En janvier 2018, Sophie Vouteau, juriste de formation, s’étant par la suite mise à son compte, a raconté l’envers du décor dans son livre Ma vie d’auto-entrepreneur, paru aux Éditions du Rocher. Le sous-titre de l’ouvrage annonce d’emblée la couleur : « Pas vraiment patron, complètement tâcheron ». Si elle reconnaît qu’une euphorie est bien présente dans les premiers temps, il s’avère ensuite qu’il peut y avoir un certain nombre de désillusions, comme le fait de dépendre du bon vouloir de ses nouveaux interlocuteurs de travail, ou encore de manquer de lien social en raison de l’absence d’une structure professionnelle précise.

D’un point de vue salarial, le constat peut également être amer, puisque plus les bénéfices de l’activité sont élevés, plus les charges et déclarations auprès de l’URSSAF (Union de Recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d’Allocations Familiales) vont être salées.

Une logique implacable, venant montrer la face cachée de l’iceberg d’un statut qui fait pourtant rêver un grand nombre de Français.

 

 

Enfin, même si le nombre de créations de sociétés a explosé en 2018, on remarque dans le même temps un autre effet, à savoir le plus grand nombre de chefs d’entreprises en liquidation judiciaire. En 2018, ils étaient un peu plus de 50 000, d’après les chiffres de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, publiés le 5 février 2019. Plus précisément, il y a eu 50 185 dirigeants d’entreprises en liquidation judicaire en 2018, ce qui représente une hausse de 0,3 % par rapport à 2017.

Une tendance qui va se confirmer en 2019, avec la création de nouvelles boîtes par milliers ? Affaire à suivre !

 

 

 

Antoine Le Fur

Dans la même catégorie

06/09/2017
Facebook met en place un nouveau terrain de jeu
Que nous resserve la nouvelle mis-à-jour de Facebook et quel sera son impact ? Un nouveau terrain de jeu, basé sur les mêmes règles de référencement que Google, redistribue les cartes !
Lire la suite
30/11/2017
Vive le Team Building
Le fameux anglicisme, en français « construction d’équipe », est devenu un incontournable des entreprises, ces dernières années. Un mode de fonctionnement que Silicom utilise et qui a donné de bons résultats. Autant de raisons d’adopter cette pratique qui nous vient tout droit des Etats-Unis
Lire la suite
14/12/2017
Travailleurs handicapés : réalité ou fiction ?
Trente ans après la loi de Philippe Séguin sur le handicap dans les entreprises, le bilan se révèle mitigé. Si certaines entreprises respectent le quota minimum de 6% de travailleurs handicapés, d’autres en revanche essaient de se soustraire à la mesure. Qu’en est-il de Silicom ? Réponse de Philippe Reuilly, en charge des IRP (Instances Représentatives du Personnel).
Lire la suite