Prime Macron, cadeau ou fardeau ?

Le 02/08/2019 dans "Cybersecurité"
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Ce fut l’une des mesures phares du président de la République, lors de son allocution télévisée du 10 décembre 2018. Au même titre que la hausse de 100 euros du Smic, il y a également eu l’annonce d’une prime exceptionnelle versée par les entreprises à leurs salariés. Une prime qui aurait été exonérée d’impôt sur le revenu, de cotisations sociales, salariales et patronales ainsi que de prélèvements sociaux. Plusieurs mois après cette annonce, force est de constater que la prime Macron est un succès puisque 5,5 millions de salariés ont pu la toucher. Mais alors qu’il est question de la pérenniser et d’en faire une source de revenus supplémentaire qui reviendrait à une fréquence annuelle, des questions se posent. À qui cela profite-t-il exactement ? Quid de la prime d’activité, autre mesure importante pour le Gouvernement ? Éléments de réponse.

« Je demanderais à tous les employeurs qui le peuvent de verser une prime de fin d’année à leurs employés. Et cette prime n’aura à acquitter ni impôt, ni charge »

 C’est par ces mots que le président de la République présentait ce qui allait devenir la prime Macron, le 10 décembre dernier. 

Une mesure qui allait faire son lot d’heureux quelques mois plus tard. Entre le 10 décembre et le 31 mars, ce sont 5,5 millions de salariés qui ont pu percevoir une prime de 450 euros en moyenne, octroyée dans 408 000 établissements, ce qui représente 20 % du secteur privé. À noter que 30 % des bénéficiaires de la prime Macron ont touché le maximum autorisé, à savoir 1 000 euros

En tout et pour tout, ce sont 2,2 milliards d’euros de prime qui ont été versés par les entreprises durant cette période.

Proposée en réaction à la crise des Gilets Jaunes qui a débutée à l’automne 2018, la prime Macron s’adressait à ceux dont les revenus étaient inférieurs à trois Smic, c’est-à-dire dont la rémunération était inférieure à 3600 euros net. 

C’est lors de la conférence de presse du 25 avril dernier que furent révélés les résultats très positifs de la fameuse mesure voulue par le chef de l’Etat. Pour autant, malgré un succès évident, qui signifie un pouvoir d’achat plus important pour plus de 5 millions de salariés, il n’est pas question pour le gouvernement de s’endormir sur ses lauriers et d’en rester là. Toujours lors de cette conférence de presse, Emmanuel Macron a annoncé : 

« Nous avons fait beaucoup, mais il nous faut aller plus loin, avec la répétition cette année de la prime exceptionnelle sans charges ni impôts, décidée l’année dernière dans le cadre de l’intéressement des entreprises si elles décident d’apporter 1000 euros de plus »


Pérenniser la prime Macron ? Une éventualité que certains préfèrent nuancer.

Méfiance et scepticisme

Si beaucoup saluent l’initiative de la prime Macron et le fait de la faire appliquer chaque année par les entreprises, certains se montrent toutefois un peu moins enthousiastes. 

Des représentants syndicalistes mais également des économistes, comme Mathieu Plane, font part de leur méfiance sur le sujet. Parmi les critiques qui reviennent, il y a l’idée que la prime Macron vient passer sous silence certains sujets importants comme la hausse du Smic ou les minima sociaux. 

Il y a également cette interrogation qui prédomine : à qui tout cela profite-t-il ? Les salariés sont-ils vraiment gagnants ici ? Que signifient réellement, à terme, la défiscalisation et l’absence de cotisations sociales pour ces derniers ? Autant de questions qui demeurent incertaines et qui viennent apporter un contre-point critique, par rapport à l’euphorie de ces dernières semaines autour de la prime Macron.

Si cette mesure suscite le débat, ce n’est plus vraiment le cas de la prime d’activité, créée le 1erjanvier 2016. 

Allouée aux salariés touchant un revenu se situant aux alentours du Smic, cette compensation financière concerne toujours plus de personnes. 

Rien que pour le premier trimestre 2019, cela représente 1,3 % d’allocataires supplémentaires

Aujourd’hui, ce sont 4,1 millions de foyers qui sont bénéficiaires de la prime d’activité avec, d’après Matignon, « un taux de recours qui excède 80 % »

Autrement dit, cela veut dire que plus de 8 personnes sur 10 éligibles ont fait la démarche pour en bénéficier. Une mesure devenue incontournable et une aide bienvenue pour les revenus modestes. Qu’en sera-t-il de la prime Macron ? Une chose est sûre, elle semble prendre le même chemin.

   

Antoine Le Fur

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